DE GAULLE LE DERNIER ROI DE FRANCE


Cet article a été publié par Groupe Web92.

De Gaulle le dernier Roi de France
Durée : 105 minutes
Bête de télévision
Homme de formules et de répliques, Charles de Gaulle était aussi une bête de télévision. Après son « Je vous ai compris ! » à Alger ou « Vive le Québec libre ! » à Montréal, il savait secouer la France, « ce vieux pays, tout bardé d’habitudes et de circonspection » qui pouvait regretter « la douceur des lampes à huile, la splendeur de la marine à voile, le charme du temps des équipages ».

Réalisation : Patrick Rotman (France, 2017)
Ce documentaire évoque la personnalité du général, homme cultivé, brillant et ayant une haute idée de sa fonction, et raconte les grands événements de son mandat, comme le putsch des généraux, la réconciliation franco-allemande ou mai 68, replacés dans le contexte d'une époque où le monde était en pleine mutation.
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Le documentaire permet de comprendre l’action politique du fondateur de la Ve République pendant ses onze années (1958-1969) au sommet de l’Etat. Ce film, dont le fil rouge est un aller-retour entre les réflexions, en voix off, de l’homme privé (issues de ses Mémoires et de celles d’Alain Peyrefitte) et son action en tant qu’homme d’Etat, fait suite à un précédent documentaire du réalisateur De Gaulle 1940-1944, l’homme du destin (2015), dans lequel il racontait ses années de guerre.

« Le général de Gaulle est une montagne qu’on escalade par différents côtés », explique Patrick Rotman le réalisateur du documentaire en souriant. A travers son film entièrement composé d’images d’archives souvent savoureuses, accompagnées par une bande-son composée de musiques des sixties, il décrypte les relations complexes – « une relation sentimentale », disait le général – entre ce monarque républicain et son peuple. Un peuple qui, pendant ces dix années de règne, a été secoué par de profondes transformations politiques, sociales, économiques, sociologiques et culturelles. « Pourquoi voulez-vous qu’à 67 ans je commence une carrière de dictateur ? », s’était-il agacé devant les journalistes avant son ­retour au pouvoir après le coup d’État du 13 mai 1958.

« Le progrès , mais pas la pagaille »
De cette date à la fin de la guerre d’Algérie en 1962, en passant (entre autres) par la révolte anti-autoritaire de Mai 1968 dont il n’a rien compris et qui provoqua son départ en 1969, la fondation de la Ve République, l’élection du président de la République au suffrage universel, la sortie de l’OTAN et la réconciliation franco-allemande, Charles de Gaulle a profondément changé les institutions de la France engluée jusqu’alors dans les petits arrangements des partis de la IVe République.

« La France, c’est comme la ménagère : elle veut le progrès, mais pas la pagaille », lâchait-il en 1965, lors de sa campagne présidentielle de deuxième tour où, à la surprise générale, il venait d’être mis en ballottage par François Mitterrand. Ainsi, fit-il de la politique intérieure et extérieure de la France une affaire personnelle. Hanté par son âge, confondant référendum et plébiscite, il gouverna souvent sur le chantage du « moi ou le chaos ». Mais, comme le rappelle Patrick Rotman, De Gaulle avait aussi un côté visionnaire en prévoyant, dès les années 1960, la réunification allemande, l’essor économique de la Chine et la fin du communisme en URSS « comme le buvard boit l’encre ».

Bête de télévision
Homme de formules et de répliques, Charles de Gaulle était aussi une bête de télévision. Après son « Je vous ai compris ! » à Alger ou « Vive le Québec libre ! » à Montréal, il savait secouer la France, « ce vieux pays, tout bardé d’habitudes et de circonspection » qui pouvait regretter « la douceur des lampes à huile, la splendeur de la marine à voile, le charme du temps des équipages ».

« Il y a un personnage public avec son verbe, sa gestuelle, sa personnalité. Il s’exprime dans de grands discours, les interventions à la télévision. Et il y a le personnage privé, souvent abattu, cyclothymique, qui abreuve son entourage de commentaires vachards, de fulgurantes perspectives, de réflexions désabusées », explique Patrick Rotman tout en rappelant que dans la République du général de Gaulle « s’il est le monarque, le peuple est bien le souverain ».

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