Au front 24 heures sur 24, les transporteurs sanitaires dénoncent un manque de respect des règles et des conditions d’exercice dégradées.


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Cet article a été publié le par Groupe Web92.

"On dirait qu’on transporte des colis" : les ambulanciers au bord du burn-out... Les sociétés d’ambulances ne sont pas réputées pour être généreuses envers leurs salariés. On ne fait pas ce métier pour être riche.../...

NOTE: Article Cécile Rousseau paru dans le journal l'HUMANITÉ du 1er décembre 2020

activité Au front 24 heures sur 24,
Les transporteurs sanitaires dénoncent un manque de respect des règles et des conditions d’exercice dégradées. A l'image de Stéphane, qui a véhiculé des dizaines de malades du Covid, et croise les doigts pour que les suivants ne contractent pas le virus dans son ambulance. Témoignages de professionnels à bout.

activité Les premières lignes ont le blues.
Après des mois de travail titanesque à transporter des patients Covid, les ambulanciers sont nombreux à jeter l’éponge. C’est le cas de Stéphane (1), qui a démissionné. Même s’il assure que le ras-le-bol existait avant la pandémie, ces nuits d’angoisse l’ont marqué. Selon lui, la séquence du coronavirus restera dans les annales du « n’importe quoi ». Faisant partie du dispositif Assu (Ambulances de secours et de soins d’urgence), groupement d’entreprises privées prenant en charge les appels du 15, quelque part en Île-de-France, il a très vite dû improviser face au déferlement de malades : « Il n’y a jamais eu de protocole clair pour la première comme pour la deuxième vague. Je n’ai jamais travaillé à ce point en mode dégradé », assène-t-il.

activité Sur le qui-vive
Dans la panique, le nettoyage des habitacles ayant accueilli des patients contaminés est loin d’être optimal. « Entre la durée du trajet, le transfert sur l’hôpital de référence et le retour pour désinfecter au Samu, ça peut prendre jusqu’à trois heures, détaille-t-il. On était censé mettre un système d’enfumage, aérer et attendre un peu. Mais je ne l’ai fait que trois fois, faute de kit disponible et de temps. Souvent, on opérait un nettoyage manuel sur le brancard. C’était du pipi de chat alors qu’il aurait fallu sortir tout le matériel. »

activité Des malades du Covid, Stéphane en a véhiculé plus de 50
En croisant les doigts pour que les suivants ne contractent pas le virus dans son ambulance. « Nous avons mis des vies en danger. La journée, on transporte des gens fragiles, des diabétiques, par exemple. J’étais tout le temps stressé, sur le qui-vive. D’autant plus que, dans certains cas, le Samu nous appelait pour un “syndrome grippal”. Ils avaient trouvé la parade pour nous “déclencher” (faire intervenir – NDLR) sur du Covid et que ça aille plus vite… » Face à ces conditions catastrophiques, certains de ses collègues ont fait valoir leur droit de retrait. Alex, lui, n’a pas été jusque-là. Mais il réfléchit aussi à changer de voie : « Nous n’avons jamais pu respecter les règles, assure-t-il. Sur le marché de l’ambulance, les patrons ne pensent qu’à l’argent. On dirait qu’on transporte des colis dans des conditions low cost. Je n’arrive plus à suivre le rythme de folie. »

activité Pas vu la couleur de la prime...
Tiraillés entre la profession de santé et le transport spécialisé, les ambulanciers avaient fait grève les 23 et 24 septembre derniers pour obtenir d’être rattachés au ministère de l’avenue de Ségur. Sans succès. Comme l’explique, avec une pointe d’ironie, Karen Bastien, élue CGT au CSE de la société Jussieu à Trélazé (Maine-et-Loire) : « On dépend du ministère des Transports, mais, quand je fais un massage cardiaque, il me semble que j’ai des compétences médicales… »

Nous sommes la seule profession moins bien rémunérée la nuit que le jour.

activité KAREN BASTIEN, élue CGT au CSE de la société Jussieu à Trélazé (Maine-et-Loire) :
Si le quotidien est un peu moins éprouvant qu’en Île-de-France, avec une ­recrudescence « gérable » des contaminations lors de la deuxième vague, tous attendent une prime ou un geste pour leur engagement sans faille. « On sait que les patrons ont touché plus d’indemnités de la part de la Sécurité sociale pour le transport des patients Covid, lance Karen. Mais nous n’en avons pas vu la couleur. Les sociétés d’ambulances ne sont pas réputées pour être généreuses envers leurs salariés. On ne fait pas ce métier pour être riche. Depuis 2016, il est inscrit dans la convention collective que nous sommes payés seulement 80 % des heures travaillées la nuit. Nous sommes la seule profession moins bien rémunérée la nuit que le jour. »

(1) Le prénom a été changé.

Cécile Rousseau pour l'HUMANITÉ
Depuis la mise en ligne de cette actualité le 22 décembre 2020, elle a été vue 4347 fois
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