29 décembre 1920 - Congrès de Tours, la Naissance des deux Gauches et formation du communisme français


Cet article a été publié par Groupe Web92.

LE CONGRÈS de TOURS - la Naissance des deux Gauches
Durée : 50 minutes
Année de production : 2020. Documentaire de Philippe Saada

29 décembre 1920 - CONGRÈS de Tours et formation du communisme français
Un congrès dont les débats ont remis en cause le sens même du socialisme et de la gauche. Une scission dont les conséquences se font encore entendre aujourd’hui.

Tandis qu'une minorité de congressistes reste fidèle à la SFIO (section française de l'Internationale Ouvrière), issue de la IIe Internationale (1889), la majorité fait allégeance au pouvoir bolchévique installé à Moscou et fonde un nouveau mouvement, la section française de l'Internationale Communiste (SFIC), ancêtre du Parti communiste français.

Deux internationales face à face
En dépit d'un afflux d'adhésions depuis la fin de la Grande Guerre (1914-1918), la SFIO éprouve de la difficulté à faire passer des réformes sociales. Aussi les militants se montrent-ils à Tours sensibles à la propagande bolchévique de Moscou.

Dans un texte du 26 juillet 1920, Lénine impose 21 conditions préalables à l'adhésion des socialistes français à la nouvelle Internationale communiste (Komintern), parmi lesquelles un alignement inconditionnel sur la politique décidée à Moscou et la « rupture avec la tradition réformiste ».

Le débat public commence le jour de Noël avec une intervention de Ludovic-Oscar Frossard en faveur de l'adhésion. Deux jours plus tard, dans une ambiance survoltée, Léon Blum dénonce avec lucidité l'illusion d'une révolution violente dans le contexte français et le caractère totalitaire de l'Internationale communiste. Et de conclure avec émotion : « Pendant que vous irez courir l'aventure, il faut que quelqu'un reste garder la vieille maison ».

Finalement, 2/3 des congressistes votent le ralliement et fondent la section française de l'Internationale Communiste (SFIC), affiliée à la IIIe Internationale. Ludovic Frossard devient le premier secrétaire général du nouveau parti (il finira comme ministre de Pétain dans le gouvernement de Vichy). Le quotidien de Jean Jaurès, L'Humanité, devient l'organe officiel du nouveau parti.

Du côté syndical
La CGT opère quant à elle sa scission l'année suivante mais seule une minorité de militants rejoint le camp communiste, fondant la CGTU (CGT Unitaire). Les autres syndicalistes demeurent fidèles à l'esprit de la Charte d'Amiens (1906), qui leur enjoint de demeurer hors de toute affiliation politique.

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